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Standard & Poor’s : Pénurie de logements et shekel fort en Israël
Standard & Poor’s : Pénurie de logements et shekel fort en Israël

Au cours d’un entretien accordé à la revue économique Globes par les économistes de la branche israélienne de l’agence de notation Standard & Poor’s, ont notamment été abordées les questions du logement et du cours du shekel par rapport aux autres devises.
 » L’industrie israélienne est forte et peut faire face à un shekel fort « .

Selon les économistes de l’agence de notation internationale Standard & Poor’s, l’Économie israélienne fait face avec succès aux complications qu’implique un shekel fort.
Concernant la question de l’immobilier, ils estiment qu’il serait prématuré de tirer des conclusions de l’actuelle stagnation des prix et d’en déduire qu’il s’agit là d’une tendance durable, d’une correction du marché ou encore d’un quelconque changement du marché immobilier.
Pour eux, le problème est complexe et prendra du temps à se résoudre, à plus forte raison lorsque les estimations font état d’un manque de logements oscillant entre 150 à 200,000 habitations.

Dans le même temps, la BCI – Banque Centrale d’Israël – publiait ses prévisions de croissance pour 2017 ; ces-dernières ont d’ailleurs été revues à la hausse passant de 2.80 % à 3.40 %, soulignant au passage la progression des investissements faits depuis l’étranger, mais également l’augmentation du volume des exportations de marchandises et de services, qui souffraient d’une certaine faiblesse dans le précédent rapport.
Le gouverneur de la BCI, Docteur Karnit FLUG, a rappelé que la croissance annuelle se maintenait à 4 %.

Les industriels se plaignent actuellement de la vigueur du shekel qui selon eux tue l’industrie traditionnelle et nuit aux exportations.
S&P :  » Le fait que le volume des exportations n’ait pas diminué démontre la force de l’industrie israélienne et sa capacité à composer avec des difficultés.
Par ailleurs, l’on observe que même dans le cas où certaines de ces entreprises ont des filiales à l’étranger, leurs exportations depuis Israël n’en sont pas pour autant affectées « .
 » La force du shekel est plutôt une conséquence de la force de l’Économie israélienne. Le volume d’exportation de nos services garantit une stabilité du shekel. Il est vrai que l’industrie traditionnelle connait une légère faiblesse, mais rien d’alarmant « .

Que pensez-vous de la politique du Logement menée par le gouvernement ?
S&P :  » D’une part nous avons observé au cours de la décennie passée une augmentation fulgurante, voire multiplication des prix, mais également une réponse forte des politiques depuis 2014.
De fait, nous avons assisté à une augmentation des taux d’emprunt, de nombreuses initiatives gouvernementales pour influer sur l’offre et la demande, ayant considérablement fait baisser le nombre d’investisseurs sur ce marché ; ces-derniers vendent actuellement plus qu’ils n’achètent.
Nous assistons ces-derniers mois à un refroidissement du marché ; il est toutefois prématuré pour parler de changement de tendance ou de correction « .

 » Ce marché est complexe ; toutefois, le gouvernement met tout en oeuvre afin de palier aux problèmes rencontrés : affecter des terres à la construction, lutter contre la spéculation, etc… mais ces processus prennent du temps.
Au cours des 10 dernières années, les livraisons étaient bien insuffisantes au regard de la demande et il faut maintenant combler un manque de logements oscillant entre 150 et 200,000 logements « .

 » Le public attend que les prix baissent à Tel Aviv, mais il se trompe. De fait, les efforts du gouvernement se concentrent sur la périphérie et se traduisent par le transfert de bases militaires pour libérer des terrains à Hertseliya, Rishon Letsyion, etc… Cela exige également le développement des infrastructures et donc du temps « .

Notation d’Israël
Depuis 2011, la note d’Israël accordée par S&P, à savoir A, n’a pas bougé en dépit du fait qu’Israël est l’un des rares pays occidentaux dont le ratio entre dette publique et PIB a baissé, passant de 69 % en 2011 à 64.60 % en 2016.

Pourriez-vous envisager de rehausser la note du pays ?
 » Nous avons observé une baisse du ratio entre la dette publique et le PIB, ce qui est plutôt positif. Nous attendons de savoir si ce constat est du à des performances exceptionnelles de l’Économie israélienne ou s’il résulte des réformes fiscales entreprises.
L’année 2017 sera décisive, car nous nous attendons à un ralentissement de la Croissance et une augmentation du déficit « .
 » Par ailleurs, nous observons que le gouvernement ne consacre pas ses recettes exceptionnelles au remboursement de la dette publique, préférant les dépenser dans d’autres domaines. Par ailleurs, force est de constater que la dette publique ainsi que le déficit budgétaire ne préoccupent pas la population comme cela peut l’être en Allemagne ou aux États-Unis « .

Que pensez-vous de la situation sécuritaire ?
 » De fait, il s’agît là d’un défi de taille, toutefois force est de constater que la politique sécuritaire d’Israël est une réussite.
L’État d’Israël n’est pas directement impliqué dans le conflit syrien tout en entretenant de bons rapports avec la Russie avec laquelle il a réussi à fixer ses limites à ne pas franchir « .

 » Il est vrai que l’après Daesh en Syrie reste un mystère quant au devenir de ce pays. Selon certaines sources le Hezbolah serait assez puissant voir plus que Daesh en Syrie, cependant ce conflit a permis à l’État d’Israël de renforcer ses liens avec des pays à majorité sunnite, relayant la question palestinienne au second rang « .

Globes

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