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Crise de l’Immobilier en Israël : mythe ou réalité ?
Crise de l’Immobilier en Israël : mythe ou réalité ?

Le directeur général du ministère du Logement, Yair PINES, n’a pas apprécié la déclaration du directeur général du ministère de l’Intérieur, Mordechai COHEN, dans laquelle il déclarait que la crise de l’Immobilier était passée et qu’il convenait de ralentir la cadence.

Afin de bien faire passer le message, PINES lui a adressé une missive cinglante avertissant d’un besoin croissant de dizaines de milliers de logements.
De son côté, COHEN dénonce certaines initiatives du gouvernement, et tout particulièrement celles émanant du ministère du Logement ainsi que du programme dit de « prix ciblé » causant du tort à de nombreux promoteurs en raison d’invendus dans la Périphérie.

Gros désaccord entre le DG du ministère du Logement Yair PINES et le DG du ministère de l’Intérieur Mordechai COHEN !
PINES, fraîchement promu au poste de DG en juin dernier, s’en est pris à COHEN qu’il accuse « de tromper sur la réalité du marché Immobilier, lorsque COHEN explique que la crise immobilière est derrière nous et qu’il convient de ralentir la planification ».

Il poursuit « la livraison finale d’un appartement prend entre 12 et 15 ans de la planification à son emménagement, en passant par la vente du terrain, la construction et la commercialisation ; ainsi, il convient de prendre en compte les perspectives de démographie afin de se préparer en conséquence, sous peine de nous retrouver à nouveau dans une crise du Logement sous peu ! ».

PINES rappelle d’ailleurs que les estimations gouvernementales chiffraient les besoins en logements à 52,000 nouveaux logements/an pour la période 2017-2020, tandis qu’elles grimpent à 61,000 pour les années 2026-2030 !
Il pointe également du doigt les difficultés auxquelles sont confrontés les promoteurs notamment en matière d’obtention de permis de construire, mais aussi la pénurie de ventes de terres constructibles, ainsi que la crise de la Covid-19 qui a exacerbé les instabilités sur ce Marché.

Dans sa réponse à PINES, COHEN a tout d’abord rappelé que le marché du logement a connu de profondes mutations ces dernières années, de sorte que la période d’urgence a pris fin, et si la question de la planification a été abordée, il y a encore un écart dans le secteur de la construction : « l’État d’Israël a souffert d’une crise du logement au cours de la dernière décennie, qui résultait directement d’une demande largement supérieure à l’offre existante. Tandis que la planification a considérablement augmenté ces dernières années et a comblé le fossé sur ce plan là, il y a malheureusement toujours un retard dans la mise en œuvre. »

Pour illustrer son propos, il a notamment rappelé les chiffres du bureau en charge de la planification selon lesquels, entre 2016 et 2019, le nombre d’unités approuvées chaque année était supérieur au nombre d’unités fixé par les objectifs gouvernementaux.

« Ces chiffres montrent sans équivoque l’excédent constant de planification que les institutions de planification ont réalisé ces dernières années », avant de reprendre : »la construction dans les faits ne suivait pas les chiffres de la planification ; de fait, 140,000 logements sont approuvés chaque année, quand dans les faits, moins de 60,000 sont mis en chantier. »

COHEN a par ailleurs rappelé qu’en raison de différentes initiatives gouvernementales, notamment celle de « prix ciblé » (appartements dont les prix très en deçà des prix du Marché sont vendus dans le cadre d’une loterie soumise à de nombreux critères de participation), nombreux sont les promoteurs se retrouvant avec des invendus, notamment dans la Périphérie, en conséquence de quoi il convient d’y revoir la planification.

Il a également mis en garde sur la pénurie de terres qui menace l’État d’Israël et les générations futures : « l’État d’Israël n’a pas de réserves foncières pour les générations futures et nous utilisons des outils conçus pour des situations d’urgence depuis plusieurs années. Cela affecte la qualité de la planification et accentue l’incapacité de mettre en œuvre une planification de qualité, ce qui commence déjà à se faire ressentir sur le terrain aujourd’hui ».

Il dénonce notamment le fait que l’État a commercialisé dans le cadre de ce plan des terres dans des zones où il n’y avait pas de demande ; il convient donc selon lui de mieux planifier les constructions en mettant l’accent sur les zones à forte demande.

Nous nous sommes fixé un objectif de planification de 2.6 millions d’appartements d’ici 2040, pour la construction de 1.5 millions d’ici là. En d’autres termes, nous allons mobiliser toutes nos forces vives pour planifier 1.1 millions de logements en trop, plutôt que de nous demander comment diminuer ce nombre en repensant la planification de manière plus efficace et plus ciblée.

L’État, doit cesser d’inonder des zones pour lesquelles il n’y a pas de demande de logements inutiles ; de fait, ce manque de planification, a coûté des milliards de shekels à l’État ».

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