À l’approche de l’échéance du dispositif fiscal encadrant l’achat de logements supplémentaires, les autorités économiques israéliennes souhaitent prolonger une taxation élevée sur les investisseurs immobiliers. Entre incertitudes politiques, risque de ralentissement du marché et volonté de limiter la spéculation, le maintien de la taxe à 8 % apparaît comme l’option privilégiée par le ministère des Finances.
Une orientation fiscale assumée pour encadrer l’investissement immobilier
À l’approche de l’échéance du dispositif fiscal encadrant l’achat de logements supplémentaires, les autorités économiques israéliennes affichent une position claire : le maintien d’une taxation élevée sur les investisseurs immobiliers apparaît comme l’option privilégiée.
Le ministère des Finances et l’Autorité fiscale souhaitent en effet prolonger le niveau actuel de la taxe d’acquisition appliquée aux résidences secondaires. Cette position intervient dans un contexte d’incertitude politique, alors que des élections pourraient intervenir prochainement et compliquer l’adoption de nouvelles mesures législatives.
L’enjeu est important pour le marché immobilier, déjà marqué par des tensions sur les prix et une activité fluctuante.
Une taxe sur les investisseurs fixée à un niveau historiquement élevé
Actuellement, l’achat d’un bien immobilier supplémentaire est soumis à une taxe d’acquisition de 8 % pour la première tranche de valeur, jusqu’à environ 6,055 millions de shekels, puis de 10 % au-delà.
Ce régime fiscal, souvent qualifié de “taxe sur les investisseurs”, a été instauré il y a plus d’une décennie afin de limiter les achats spéculatifs et de freiner la hausse des prix de l’immobilier résidentiel.
Initialement mis en place sous l’impulsion de l’ancien ministre des Finances Moshe Kahlon, ce dispositif visait à réorienter le marché vers les primo-accédants et à réduire la pression exercée par les investisseurs sur l’offre disponible.
En 2024, les autorités ont décidé de prolonger cette mesure pour deux années supplémentaires, avec une échéance désormais fixée à la fin de l’année 2026.
Sans nouvelle prolongation, le taux pourrait automatiquement revenir à environ 5 %, ce qui constituerait un assouplissement significatif de la fiscalité actuelle.
Une décision sous contrainte politique et institutionnelle
Si la question peut sembler technique, elle est en réalité fortement influencée par le calendrier politique.
Des élections sont attendues dans les prochains mois, suivies potentiellement d’une période de gouvernement intérimaire. Dans ce contexte, les marges de manœuvre pour adopter des réformes fiscales structurantes seraient fortement réduites.
Les responsables du secteur public redoutent ainsi un scénario déjà observé par le passé : un report des décisions jusqu’à la dernière minute, générant une incertitude prolongée sur le marché.
Cette instabilité est particulièrement sensible dans le secteur immobilier, où les anticipations jouent un rôle majeur dans le comportement des acheteurs et des investisseurs.
Une position affirmée des autorités économiques
Du côté des institutions économiques, la ligne directrice semble largement convergente.
Les équipes du ministère des Finances, de l’économiste en chef et de l’Autorité fiscale estiment que le maintien d’une taxe élevée reste nécessaire pour limiter les investissements spéculatifs.
Selon cette approche, une réduction de la fiscalité risquerait de relancer la demande d’achats multiples, accentuant la pression sur un marché déjà tendu.
Plusieurs responsables ont ainsi indiqué que la priorité restait la stabilité du cadre fiscal, considérée comme un élément central de régulation du marché immobilier.
Un marché sensible aux signaux fiscaux
Au-delà de la décision elle-même, les professionnels du secteur insistent sur l’importance du facteur psychologique.
L’incertitude autour de la future fiscalité peut suffire à ralentir les transactions. Si les investisseurs anticipent une éventuelle baisse de la taxe, ils peuvent être incités à reporter leurs acquisitions dans l’attente d’un cadre plus favorable.
À l’inverse, une confirmation rapide du maintien du régime actuel permettrait de stabiliser les anticipations et de réduire les comportements d’attentisme.
Dans un marché où l’offre de logements reste contrainte, ce type d’hésitation peut contribuer à un ralentissement temporaire de l’activité.
Une fiscalité immobilière marquée par des ajustements fréquents
Le régime de taxation des résidences secondaires a connu plusieurs évolutions importantes au cours de la dernière décennie.
En 2015, la taxe d’acquisition a été portée à 8 % dans le cadre d’une mesure temporaire destinée à freiner les investisseurs.
En 2020, en pleine crise sanitaire, le taux a été abaissé à 5 % afin de soutenir l’activité économique et d’éviter un blocage du marché immobilier.
Cette réduction a toutefois été de courte durée. Dès la fin de l’année 2021, le taux est revenu à 8 %, dans le cadre d’une nouvelle orientation visant à rééquilibrer le marché.
En 2024, une nouvelle prolongation a été adoptée, confirmant la volonté des autorités de maintenir une fiscalité élevée sur les investissements immobiliers.
Une efficacité toujours discutée
Si le gouvernement défend cette politique comme un outil de régulation du marché, son efficacité fait encore débat.
Les autorités considèrent que la taxation élevée permet de limiter la demande des investisseurs et de contenir les pressions sur les prix.
Toutefois, les résultats observés restent mitigés, les prix de l’immobilier ayant continué à progresser sous l’effet de facteurs structurels tels que la croissance démographique ou la pénurie de logements.
Certains experts estiment néanmoins que l’abandon de cette taxe pourrait accentuer les déséquilibres du marché, en renforçant la concurrence entre investisseurs et particuliers.
Une décision attendue pour les prochains mois
À l’approche de l’échéance de 2026, la question du maintien ou non de cette fiscalité devient un enjeu central pour le marché immobilier israélien.
Si la position actuelle des autorités économiques est confirmée, les investisseurs devront continuer à intégrer une taxation élevée dans leurs stratégies d’acquisition.
Quoi qu’il en soit, une clarification rapide apparaît essentielle pour éviter une période prolongée d’incertitude susceptible de freiner les transactions et de perturber l’équilibre du marché.

