L’économie israélienne traverse une période de turbulence sans précédent, marquée par l’impact financier des opérations militaires contre l’Iran et les tensions prolongées dans la région. Perte de croissance, pression sur les finances publiques, fermeture d’entreprises et effets sur la consommation sont au cœur des préoccupations. Analyse approfondie des causes, des conséquences et des perspectives économiques.
Un choc économique majeur lié aux opérations militaires
L’économie israélienne a subi un dommage estimé à environ 52 milliards de shekels, soit plus d’1 % du produit intérieur brut (PIB) sur une période de référence.
Ce coût comprend les pertes directes liées à l’interruption d’activités économiques, la destruction ou l’endommagement d’infrastructures, ainsi que des pertes indirectes telles que la chute de la consommation et du commerce.
Même si une partie de ce dommage pourrait être récupérée avec la reprise d’activités économiques, le bilan net reste significatif pour une économie développée.
Ce type de choc se répercute sur l’ensemble des chaînes de valeur, des entreprises exportatrices confrontées à une moindre demande internationale aux petites et moyennes entreprises locales dont les marges ont été comprimées.
Multiplication des coûts économiques : au‑delà de l’opération isolée
Les dommages économiques ne se limitent pas à une opération spécifique. Les tensions depuis octobre 2023 ont provoqué une réduction de la croissance économique, des perturbations du marché du travail et une contraction de nombreux secteurs.
Des estimations globales chiffrent les coûts totaux liés aux hostilités à une part importante du PIB, ce qui représente une pression considérable pour les finances publiques.
Le choc sur la croissance a été particulièrement net au quatrième trimestre de 2023, où l’économie israélienne a connu une contraction significative trimestre sur trimestre dans plusieurs secteurs clés.
Par ailleurs, des dizaines de milliers d’entreprises ont cessé leurs activités depuis l’intensification des conflits, touchant notamment les petits commerces, l’hôtellerie, la construction, le transport et le tourisme.
Pression sur les entreprises et sentiment d’effondrement
Plusieurs rapports évoquent que plusieurs dizaines de milliers d’entreprises israéliennes ont fermé leurs portes depuis l’escalade des tensions régionales, certains chiffres allant jusqu’à 46 000 fermetures à mi‑2024.
Ce phénomène concerne essentiellement les petites entreprises comptant quelques employés, souvent les plus vulnérables à une baisse de la demande, à la réduction du tourisme et à l’incertitude générale.
Ce contexte fragile alimente une perception pessimiste de l’économie domestique, même si le terme de « effondrement » reste exagéré à l’échelle de la macroéconomie nationale.
Pression sur les finances publiques et déficit croissant
La nécessité de financer des dépenses de défense accrues et d’apporter un soutien aux secteurs économiques fragilisés a conduit le gouvernement israélien à accroître substantiellement son déficit budgétaire et son endettement, dépassant les niveaux observés avant les hostilités.
Les dépenses militaires ont représenté une part significative du budget annuel, réduisant les marges de manœuvre pour les investissements publics dans d’autres secteurs.
À cela s’ajoutent les besoins de reconstruction des infrastructures endommagées, les indemnisations pour les pertes subies par les entreprises et les ménages, ainsi que les dépenses sociales accrues pour accompagner les travailleurs et familles touchés.
Effets sectoriels contrastés
Certains secteurs économiques ont souffert plus que d’autres :
- Le tourisme international a été particulièrement touché, avec une chute importante des arrivées de visiteurs, réduisant les revenus directement liés au secteur et affectant une large chaîne d’entreprises auxiliaires ;
- La construction et l’agriculture, secteurs dépendants de la main‑d’œuvre externe, ont vu leurs activités perturbées par les restrictions de déplacement et le contexte sécuritaire ;
- À l’inverse, certaines industries – notamment celles liées aux cyber‑technologies ou à la défense – ont montré des signes de résilience et même de progression grâce à l’intérêt continu des investisseurs internationaux.
Perspectives économiques pour 2026
Malgré ces défis, plusieurs indicateurs macroéconomiques suggèrent que l’économie israélienne reste globalement capable de résilience, grâce à des fondamentaux solides, un marché du travail flexible et une base industrielle diversifiée.
Certains scénarios macroéconomiques prévoient que la croissance pourrait se redresser si le contexte sécuritaire se stabilise et si des politiques de soutien ciblées sont mises en œuvre.
Cependant, les risques restent élevés. L’évolution de la situation régionale, la capacité de restaurer la confiance des investisseurs étrangers, l’orientation des dépenses publiques et la gestion des déficits budgétaires seront déterminants pour la trajectoire économique de moyen terme.
L’analyse montre que les hostilités régionales ont laissé une empreinte profonde sur l’économie israélienne, se traduisant par des pertes directes et indirectes considérables, une augmentation du déficit budgétaire, des fermetures d’entreprises et une réorientation des priorités publiques.
Toutefois, malgré ces pressions, l’économie d’Israël conserve des capacités de rebond, sous réserve d’une amélioration du contexte sécuritaire, d’un soutien ciblé aux secteurs fragilisés et d’une gestion prudente des politiques fiscales et monétaires.

