Les finances publiques israéliennes affichent une relative stabilité à l’automne 2026. En septembre, le déficit budgétaire cumulé sur douze mois s’est maintenu à 3,2 % du produit intérieur brut (PIB), un niveau inférieur à l’objectif de 4,9 % retenu dans les prévisions budgétaires annuelles. Cette situation s’explique notamment par la progression soutenue des recettes de l’État, qui contribue à compenser l’augmentation des dépenses publiques, en particulier celles consacrées à la défense. La fin de l’année restera toutefois déterminante pour confirmer cette tendance.
Un déficit inférieur à l’objectif budgétaire
Le déficit budgétaire de l’État israélien a atteint 10,1 milliards de shekels en septembre 2026, contre 9,5 milliards de shekels en septembre 2025. Cette hausse mensuelle intervient dans un contexte où les dépenses publiques restent importantes et où les besoins de financement de l’État demeurent élevés.
L’évolution sur douze mois offre cependant une perspective plus favorable. À la fin du mois de septembre, le déficit cumulé représentait 3,2 % du PIB, soit un niveau sensiblement inférieur à l’objectif de 4,9 % fixé dans les prévisions budgétaires pour 2026. En valeur absolue, le déficit cumulé sur douze mois atteignait 71,8 milliards de shekels.
Cette différence entre les prévisions et les résultats observés constitue un indicateur encourageant pour les finances publiques. Elle montre que, malgré les contraintes économiques et sécuritaires, les recettes de l’État ont jusqu’à présent permis de contenir le déficit à un niveau inférieur à celui anticipé dans le budget.
Cette situation doit néanmoins être interprétée avec prudence. Le résultat annuel dépendra encore de l’évolution des dépenses au cours des derniers mois de 2026, période traditionnellement marquée par une accélération de certains décaissements publics.
Des recettes de l’État en progression de 10,4 %
La progression des recettes publiques constitue l’un des principaux facteurs expliquant cette relative stabilité budgétaire. Selon les données publiées par la comptable générale du ministère des Finances, Michal Abadi-Boiangiu, les recettes de l’État ont atteint environ 47 milliards de shekels en septembre.
Depuis le début de l’année, elles s’élèvent à 457,1 milliards de shekels, contre 414,1 milliards au cours de la même période en 2025. Cette évolution représente une augmentation de 10,4 % en un an.
Une telle progression renforce la capacité de l’État à financer ses engagements et à absorber une partie des dépenses supplémentaires. Elle contribue également à expliquer pourquoi le déficit reste inférieur à l’objectif budgétaire annuel, malgré les besoins importants liés à la situation sécuritaire.
Il convient toutefois de distinguer une hausse des recettes d’une amélioration structurelle des finances publiques. La pérennité de cette tendance dépendra notamment de l’évolution de l’activité économique, des recettes fiscales et des dépenses gouvernementales dans les prochains mois.
Des dépenses publiques soutenues, notamment dans la défense
Les dépenses de l’État restent élevées. En septembre, elles ont atteint environ 57,1 milliards de shekels. Depuis le début de l’année, leur montant cumulé s’élève à 486,6 milliards de shekels, contre 470,5 milliards sur la même période en 2025, soit une hausse d’environ 3,4 %.
Les dépenses progressent donc moins rapidement que les recettes, ce qui contribue à contenir le déficit. Cet écart constitue un élément favorable dans l’évolution récente des comptes publics.
La défense représente néanmoins un poste de dépense majeur. Une enveloppe supplémentaire de 25 milliards de shekels était attendue à l’automne, ce qui devait porter le budget de la défense de 158 à 183 milliards de shekels. Le montant définitif pourrait encore évoluer en fonction des besoins exprimés par les autorités sécuritaires.
Cette évolution illustre l’un des principaux défis auxquels le gouvernement israélien est confronté : financer les impératifs de sécurité tout en préservant une trajectoire budgétaire soutenable.
Une fin d’année décisive pour les finances publiques
Les derniers mois de l’année seront déterminants pour apprécier la capacité de l’État à maintenir le déficit sous contrôle. Le mois de décembre est traditionnellement caractérisé par une accélération des dépenses, notamment lorsque les ministères utilisent les crédits qui leur ont été alloués et qui n’ont pas encore été consommés.
Les besoins supplémentaires de la défense pourraient accentuer cette dynamique. Les prévisions du ministère des Finances et de la Banque d’Israël anticipent ainsi une augmentation du déficit à l’approche de la clôture de l’exercice budgétaire.
Le contexte politique constitue également un facteur à prendre en compte. Durant les 90 jours précédant les élections, certaines nouvelles dépenses budgétaires ne peuvent être engagées sans avoir été préalablement approuvées. Cette règle encadre les décisions du gouvernement à l’approche du scrutin, sans supprimer les engagements déjà inscrits au budget.
Une situation encourageante, sous réserve des prochains résultats
Les données de septembre font apparaître une situation contrastée, mais globalement plus favorable que ne le suggérait l’objectif budgétaire initial. La progression des recettes publiques, supérieure à celle des dépenses, permet jusqu’à présent de limiter le déficit cumulé à 3,2 % du PIB.
Cette évolution constitue un point d’appui pour les finances publiques israéliennes. Elle ne dispense toutefois pas les autorités de poursuivre leurs efforts de maîtrise des dépenses, alors que les besoins de défense demeurent considérables.
Les prochains chiffres permettront de mesurer dans quelle proportion les recettes supplémentaires auront compensé les dépenses de fin d’année. Ils seront essentiels pour déterminer si Israël peut clôturer 2026 avec un déficit sensiblement inférieur à l’objectif initial de 4,9 % du PIB.

