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Kiryat Gat, la ville inattendue qui détrône Tel-Aviv et Jérusalem sur le marché du neuf
Kiryat Gat, la ville inattendue qui détrône Tel-Aviv et Jérusalem sur le marché du neuf

Le marché immobilier israélien réserve une surprise : Kiryat Gat s’est hissée en tête des ventes de logements neufs entre juin et août 2026, devant Tel-Aviv et Jérusalem. Cette performance, largement portée par les programmes immobiliers à prix réduits, intervient dans un contexte de ralentissement des transactions et d’accumulation de logements invendus. Derrière ce classement inattendu se dessinent de nouvelles tendances pour l’immobilier résidentiel en Israël.

Kiryat Gat, nouvelle championne des logements neufs

C’est une évolution inhabituelle sur le marché immobilier israélien. Selon les données du Bureau central des statistiques, Kiryat Gat a enregistré 1 044 ventes de logements neufs entre juin et août 2026, devançant Tel-Aviv, avec 878 transactions.

Haïfa arrive en troisième position, avec 445 ventes, suivie de Petah Tikva, avec 424 logements vendus. Jérusalem, traditionnellement parmi les villes les plus actives du marché immobilier neuf, se classe cinquième avec 400 transactions.

Cette progression s’explique notamment par la commercialisation de nombreux logements à prix réduits dans le cadre du programme gouvernemental « Dira BeHanaha », destiné à faciliter l’accès à la propriété. Ces opérations peuvent concentrer un volume important de ventes sur une période relativement courte et modifier sensiblement le classement des villes.

Kiryat Gat illustre ainsi l’importance des dispositifs publics dans l’évolution du marché immobilier israélien. Les prix proposés et les conditions d’accès à certains programmes peuvent attirer une demande importante, notamment de la part des ménages qui cherchent à devenir propriétaires dans un environnement où le financement immobilier reste un enjeu majeur.

Jérusalem conserve la tête du marché de l’ancien

Le classement est différent pour les logements de seconde main. Jérusalem arrive en première position avec 898 transactions sur la période étudiée. Elle est suivie de Haïfa, avec 847 ventes, puis de Beer-Sheva, avec 701 transactions. Tel-Aviv se place derrière ces trois villes, avec 533 ventes.

Cette différence souligne la diversité des dynamiques locales. Le marché du neuf dépend notamment des programmes de construction, des calendriers de livraison et des dispositifs d’aide à l’achat. Le marché de l’ancien répond davantage à la disponibilité des biens, à leur localisation et aux arbitrages patrimoniaux des propriétaires et des acquéreurs.

Un marché qui reste sous pression

Au total, environ 24 200 logements ont été vendus en Israël entre juin et août 2026. Ce chiffre représente une hausse de 11,1 % par rapport aux trois mois précédents. Toutefois, cette comparaison doit être nuancée : la période de mars à mai avait été affectée par le calendrier de Pessa’h. Après correction des variations saisonnières, le nombre de transactions recule ainsi de 2,9 %.

Sur un an, la tendance est plus favorable, avec une progression de 8,1 % en données brutes et de 8,5 % après correction saisonnière. Ces chiffres témoignent d’une certaine reprise par rapport à l’été 2025, sans pour autant signaler un retour aux niveaux les plus élevés du marché.

Le volume des transactions reste en effet inférieur d’environ un tiers aux niveaux records observés au milieu de l’année 2021. Sur les huit premiers mois de 2026, le rythme des ventes correspond à environ 90 000 transactions annualisées, soit près de 15 % de moins que la moyenne de long terme.

86 000 logements neufs attendent encore leurs acquéreurs

L’un des principaux défis concerne désormais le stock de logements neufs invendus. En août, celui-ci atteignait environ 86 000 unités à l’échelle nationale. Au rythme actuel des ventes, il faudrait plus de deux ans aux promoteurs pour écouler l’ensemble de cette offre.

Les stocks sont particulièrement importants dans plusieurs grandes villes. Jérusalem compte plus de 10 000 logements neufs invendus, contre environ 9 800 à Tel-Aviv. Bat Yam en recense près de 5 000, tandis que Haïfa et Ramat Gan en comptent chacune autour de 4 000.

Face à cette situation, les promoteurs adaptent progressivement leur rythme de construction. Mais les mises en chantier restent supérieures aux ventes, ce qui continue d’alimenter l’offre disponible. Cette situation peut renforcer la concurrence entre vendeurs et inciter certains promoteurs à proposer des conditions commerciales plus attractives.

Pour les acquéreurs, ces évolutions méritent une attention particulière. Les possibilités de négociation peuvent varier fortement selon la ville, le programme et le niveau de stock disponible. Il reste néanmoins essentiel d’évaluer le prix réel du logement, les modalités de paiement, les délais de livraison et le coût du financement avant de s’engager.

Un marché en transformation, riche en opportunités ciblées

Le classement de Kiryat Gat ne signifie pas que cette ville a définitivement pris l’avantage sur les grands centres immobiliers israéliens. Il révèle plutôt un marché devenu plus contrasté, où les programmes aidés, les prix et les conditions de financement influencent fortement la répartition des ventes.

Pour les investisseurs comme pour les ménages souhaitant accéder à la propriété, la clé consiste désormais à analyser les marchés locaux plutôt qu’à se fier uniquement aux tendances nationales. Dans un environnement où l’offre est abondante et les transactions encore en retrait par rapport aux années de forte activité, une sélection rigoureuse des biens et une négociation adaptée peuvent faire toute la différence.

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