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La Banque Centrale desserre l’étau : une baisse du taux directeur qui pourrait relancer le crédit et l’immobilier
La Banque Centrale desserre l’étau : une baisse du taux directeur qui pourrait relancer le crédit et l’immobilier

La Banque Centrale d’Israël vient de réduire son taux directeur pour la première fois depuis près de deux ans, marquant un tournant monétaire. Ce geste, motivé par une inflation retombée dans la fourchette cible et une reprise notable de la croissance, pourrait stimuler le crédit, soulager les emprunteurs et relancer le marché immobilier. Mais la décision reste prudente : le contexte demeure marqué par des incertitudes géopolitiques, des tensions sur les salaires et des pressions structurelles.

Un tournant monétaire : baisse du taux directeur

Le 24 novembre 2025, le Comité monétaire de la BanqueCentrale d’Israël a abaissé son taux d’intérêt de 25 points de base, le faisant passer de 4,50 % à 4,25 %. C’est la première réduction depuis janvier 2024.

La décision intervient alors que l’inflation annuelle est revenue à 2,5 %, à l’intérieur de la fourchette cible de 1 à 3 %. L’accalmie des prix offre à la banque centrale une marge de manœuvre pour soutenir la croissance via un assouplissement monétaire.

Pourquoi maintenant ? Contexte économique et immobilier

Plusieurs facteurs ont rendu cette décision opportune.

     – Relèvement de l’activité économique : après une période de forte incertitude, l’économie israélienne montre des signes de redressement, notamment une nette amélioration au cours du troisième trimestre ;

     – Pressions sur le crédit et le logement : le niveau élevé des taux grevait la demande immobilière et freinait les emprunts. En abaissant son taux directeur, la Banque d’Israël souhaite alléger le fardeau financier des emprunteurs, ce qui pourrait raviver les achats de logements et soutenir l’investissement ;

     – Appréciation du shekel : la récente hausse de la monnaie nationale, si elle témoigne d’une économie résiliente, nuit toutefois à la compétitivité des exportations. Une baisse des taux peut contribuer à tempérer cette appréciation, apportant un rééquilibrage bienvenu pour les secteurs tournés vers l’international.

Quels impacts pour les ménages et les emprunteurs ?

Même une réduction modérée du taux directeur peut avoir des retombées tangibles pour les ménages.

Pour les détenteurs d’un prêt immobilier à taux variable, la baisse de 0,25 point pourrait se traduire par des économies annuelles allant de quelques centaines à plusieurs milliers de shekels, selon le type de prêt et sa durée. Sur un prêt de vingt ou vingt-cinq ans, cet allègement peut devenir significatif et offrir davantage de flexibilité budgétaire.

Pour de nombreux foyers, cette mesure pourrait contribuer à soulager une pression financière importante, redynamiser la demande de crédit et soutenir un marché immobilier qui avait nettement ralenti. Les répercussions positives ne se limitent d’ailleurs pas aux particuliers : un marché du logement plus actif soutient également l’activité des entreprises du secteur, des promoteurs aux artisans.

Prudence de la banque centrale : l’équilibre reste fragile

Malgré ce premier signe d’assouplissement, la Banque d’Israël demeure très prudente. Elle souligne que l’évolution future des taux dépendra de nombreux facteurs : dynamique de l’inflation, rythme de l’activité intérieure, stabilité des marchés financiers, orientation de la politique budgétaire et évolution du contexte régional.

Même si l’inflation recule, les pressions salariales et les coûts de production restent élevés. Le cadre géopolitique, lui, demeure imprévisible. La reprise économique, bien que palpable, n’est pas encore suffisamment ancrée pour permettre un assouplissement trop rapide.

La Banque d’Israël avait d’ailleurs maintenu son taux inchangé à 4,5 % durant quatorze décisions successives, malgré une inflation frôlant régulièrement la borne supérieure de la cible. Cette constance reflète l’extrême prudence adoptée au cours des derniers mois.

Un signal pour les marchés — et pour l’économie

Cette première baisse depuis 2024 constitue un signal notable pour les marchés financiers. Elle indique que la doctrine monétaire, longtemps focalisée sur la lutte contre l’inflation, commence à se réorienter vers le soutien à la croissance.

La baisse des coûts d’emprunt pourrait stimuler les transactions immobilières, encourager les entreprises à investir, et redonner souffle à la consommation. Pour l’État et les exportateurs, une monnaie nationale moins forte peut également offrir un avantage concurrentiel.

À quelles conditions le « pari » peut-il réussir ?

La réussite de cette stratégie dépendra de plusieurs paramètres essentiels :

– La capacité à maintenir l’inflation dans la cible ;
– La consolidation durable de la reprise ;
– La stabilité du contexte géopolitique ;
– Le bon fonctionnement du marché immobilier et du crédit.

Si ces conditions sont réunies, la baisse des taux pourrait contribuer à revitaliser l’économie, améliorer le pouvoir d’achat et alléger durablement le poids des emprunts.

La décision de la Banque d’Israël représente un tournant important : après une longue période d’attentisme et de prudence, elle ouvre une phase où le soutien à la croissance redevient une priorité. L’inflation maîtrisée, la reprise progressive de l’activité et un contexte monétaire plus flexible composent une fenêtre d’opportunité.

Cette stratégie reste toutefois conditionnée à un environnement économique et géopolitique encore incertain. Le succès reposera sur la capacité de l’économie israélienne à consolider ses progrès tout en maintenant la stabilité des prix. Si cet équilibre est atteint, cette mesure pourrait inaugurer une phase de relance bienvenue et durable.

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