Le marché de l’immobilier neuf (VEFA) en Israël donne des signes tangibles de reprise. Les grandes sociétés immobilières cotées en bourse affichent une nette progression de leurs ventes au deuxième trimestre 2026, portée par des remises commerciales efficaces, un assouplissement monétaire progressif et un retour graduel des acheteurs. Un rebond encore inégal selon les projets, mais qui confirme une dynamique positive après plusieurs trimestres difficiles.
Un rebond confirmé par les chiffres
Le signal est clair : le marché immobilier israélien reprend des couleurs. Selon une analyse du département de recherche de Psagot Sigma portant sur dix sept grandes sociétés cotées, les ventes de logements neufs ont atteint 1 571 unités au deuxième trimestre 2026, contre 1 158 au trimestre précédent, soit une progression de 36 % qui traduit un net regain d’activité commerciale.
Cinq entreprises dépassent même déjà leur rythme de vente habituel des trois dernières années, preuve que la dynamique de reprise est bien réelle pour une partie significative du secteur.
Un contexte monétaire de plus en plus favorable
Cette reprise commerciale s’inscrit dans un environnement macroéconomique qui s’améliore progressivement. La Banque d’Israël a abaissé son taux directeur à 3,5 % début juillet 2026, une deuxième baisse consécutive après plusieurs années de politique restrictive, dans un climat sécuritaire plus apaisé.
Une nouvelle décision est attendue début septembre, et la plupart des analystes tablent sur un statu quo à court terme, mais la trajectoire générale reste orientée vers la détente. Cet assouplissement redonne peu à peu du pouvoir d’achat aux emprunteurs et facilite l’accès au crédit hypothécaire, un facteur qui pourrait soutenir la demande dans les mois à venir, en particulier pour les primo accédants les plus sensibles au coût du financement.
Un moteur pluriel : subventions et remises commerciales
Cette accélération s’appuie sur plusieurs leviers efficaces. Shikun Ovinui illustre parfaitement ce rebond, avec un bond de 33 à 309 logements vendus d’un trimestre à l’autre, porté notamment par un programme à prix encadré très demandé. Amram Avraham suit une trajectoire similaire avec 199 unités vendues.
Autre exemple parlant : Demri, qui maintient un rythme de vente remarquablement stable à 231 logements, proche de sa moyenne historique de 229 unités, un signe de résilience commerciale bienvenu dans le contexte actuel.
La société Aura offre sans doute l’illustration la plus encourageante de ce retour des acheteurs. Après un trimestre plus calme, l’entreprise a lancé une opération commerciale offrant jusqu’à 12 % de remise à ses adhérents fidèles, dès la clôture du trimestre. Le succès a été immédiat, confirmant que la demande est bien présente et qu’elle répond favorablement dès que les conditions commerciales s’améliorent.
Les signaux à surveiller derrière la reprise
Ce rebond mérite d’être suivi avec attention sur certains segments spécifiques. Une part de la progression provient de programmes à prix subventionné, et douze des dix sept sociétés étudiées restent encore en dessous de leur moyenne des trois dernières années.
Les projets haut de gamme illustrent ce contraste : le groupe Aviv n’a enregistré aucune vente au premier semestre, notamment sur son programme du front de mer Herbert Samuel à Tel Aviv. Chez Hager, les résultats varient fortement selon les emplacements, avec un excellent parcours rue Bavli à Tel Aviv, mais un démarrage plus lent sur le programme Infinity du complexe Someil.
Sde Dov, un rebond à plusieurs vitesses
Le quartier de Sde Dov résume bien cette reprise à géométrie variable. Sur les 1 903 logements que comptent cinq projets de sociétés cotées, 678 ont déjà trouvé preneur, laissant un potentiel de 1 225 unités à commercialiser dans les mois à venir.
Certains programmes tirent particulièrement bien leur épingle du jeu : le taux de commercialisation atteint 60 % pour Rainbow d’Israël Canada et 48 % pour FIRST de Hager, quand d’autres, comme YAMA de Demri, avancent plus prudemment avec 9 % de logements vendus à ce stade.
Fait intéressant, le prix seul n’explique pas ces écarts : Rainbow et YAMA affichent des tarifs proches, respectivement 81 700 et 82 600 shekels le mètre carré, ce qui suggère que l’emplacement et le calendrier de commercialisation jouent un rôle déterminant.
Vers une consolidation progressive
L’ensemble de ces données dessine un marché en phase de redémarrage, porté par une demande réelle et réactive aux bonnes conditions commerciales, et désormais soutenue par une politique monétaire plus accommodante.
Les écarts entre projets rappellent que cette reprise se construit progressivement, projet par projet, plutôt que d’un seul mouvement d’ensemble. Mais le message principal reste positif : lorsque le prix, l’emplacement, le financement ou les conditions commerciales s’ajustent, les acheteurs répondent présents, un signal encourageant pour la suite de l’année 2026.

