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64 critères, 251 villes : Haifa décroche une place au palmarès mondial du bien-être
64 critères, 251 villes : Haifa décroche une place au palmarès mondial du bien-être

Haïfa est la seule ville israélienne à figurer dans le nouveau classement international des villes les plus heureuses au monde. Établi par un institut de recherche britannique à partir de 64 critères mesurables, ce palmarès s’intéresse bien davantage qu’au seul ressenti des habitants. Revenus, santé, développement urbain, environnement, gouvernance, éducation ou encore emploi : autant d’indicateurs qui permettent de dresser un portrait global des conditions de vie dans 251 villes.

Et si Haïfa apparaît à la 187e place, l’analyse met également en évidence plusieurs domaines dans lesquels la cité du nord d’Israël se distingue favorablement.

Un classement fondé sur des données concrètes

Qu’est-ce qui rend une ville heureuse ? La réponse est évidemment difficile à résumer en un seul chiffre. Pour tenter d’apporter une réponse objective à cette question, un groupe de chercheurs spécialisés dans la qualité de vie, l’urbanisme, l’environnement et l’aménagement du territoire a élaboré un classement mondial reposant sur une série de critères quantifiables.

Le palmarès, présenté cette semaine au Parlement britannique lors d’un événement public, rassemble 251 villes. Ses auteurs précisent qu’ils n’ont retenu que les villes pour lesquelles ils disposaient de données suffisamment fiables, vérifiées et comparables.

Au total, quelque 466 chercheurs du monde entier ont participé à l’élaboration de cette étude. La méthodologie a commencé par une vaste sélection d’environ 3 400 villes réparties à travers le monde. Un millier d’entre elles ont ensuite fait l’objet d’une analyse plus approfondie avant que ne soit constituée la liste finale des 251 villes.

Le classement s’appuie sur 64 catégories différentes. Parmi les critères étudiés figurent notamment l’espérance de vie à la naissance, le nombre de psychiatres disponibles, le produit intérieur brut par habitant, le niveau de criminalité, les investissements consacrés à l’urbanisme et à l’environnement, ainsi que différents indicateurs sociaux et économiques.

Il est important de préciser que le classement ne repose pas sur un questionnaire demandant aux habitants s’ils se sentent heureux. Il cherche plutôt à mesurer les conditions objectives susceptibles de favoriser une bonne qualité de vie.

Copenhague décroche la première place

La capitale danoise arrive en tête du classement mondial. Elle est suivie par Helsinki et Genève, puis par Uppsala, Tokyo, Trondheim, Berne, Malmö, Munich et Aarhus, qui complète le top 10.

Les 50 premières villes appartiennent à la catégorie « or », selon la classification utilisée par les auteurs de l’étude. Cette concentration de villes nordiques et européennes parmi les mieux classées souligne l’importance accordée à la qualité des services, à l’environnement urbain, à la santé et aux conditions économiques dans les villes les plus performantes.

Mais le classement se veut mondial et ne se limite pas aux métropoles européennes. Tokyo, notamment, figure parmi les dix premières, démontrant que différentes traditions urbaines peuvent également parvenir à réunir un ensemble favorable de critères liés au bien-être.

Haïfa, seule représentante israélienne

Dans ce vaste panorama international, Haïfa occupe la 187e position sur 251 villes. Elle se situe derrière Tachkent et Split, mais devant Bratislava et Buenos Aires.

Plusieurs grandes villes internationales se trouvent également plus bas dans le classement. Nice occupe la 204e place et New York la 207e. Bucarest arrive en 247e position, tandis que Guadalajara, au Mexique, ferme le classement des villes évaluées, à la 250e place.

Kyiv, capitale de l’Ukraine, apparaît en 251e position à titre symbolique et sans recevoir de score. Cette présence vise à rappeler les conditions particulièrement difficiles auxquelles sa population est confrontée dans le contexte des attaques russes.

La position de Haïfa doit par ailleurs être replacée dans le contexte particulier de la méthodologie. Les chercheurs expliquent que seules les villes disposant d’un volume suffisant de données comparables ont pu être retenues. Cette exigence permet notamment de comprendre pourquoi d’autres villes israéliennes ne figurent pas dans le palmarès.

Haïfa, une sélection particulièrement exigeante

Le parcours de Haïfa au sein de l’étude est révélateur. Au départ, 25 villes israéliennes faisaient partie de la vaste sélection mondiale de 3 400 villes. Seize ont ensuite été retenues pour une analyse plus approfondie.

À ce stade, deux villes israéliennes, Haïfa et Jérusalem, ont suffisamment convaincu les chercheurs pour pouvoir prétendre intégrer le classement final. Les deux villes disposaient d’informations jugées suffisamment complètes, fiables et transparentes pour poursuivre le processus d’évaluation.

Après une nouvelle phase consacrée à la qualité des données disponibles au niveau municipal, seule Haïfa a finalement été conservée.
Cette sélection donne donc à sa présence dans le classement une dimension particulière. Haïfa n’est pas simplement la seule ville israélienne retenue : elle est aussi celle pour laquelle les chercheurs ont estimé disposer d’un ensemble de données suffisamment complet pour permettre une comparaison internationale.

Des points forts qui témoignent du potentiel de la ville

L’analyse des 64 paramètres permet surtout d’identifier plusieurs domaines dans lesquels Haïfa obtient des résultats supérieurs à la moyenne mondiale.

La ville se distingue notamment par son niveau d’innovation urbaine. Dans un contexte où les métropoles cherchent à repenser leurs infrastructures, leurs services et leurs modes de développement, cette capacité à innover constitue un atout important pour l’avenir.

Le niveau d’éducation de la population apparaît également comme une force. La proportion de résidents titulaires d’un diplôme universitaire est supérieure à la moyenne mondiale retenue dans l’étude. Une population hautement qualifiée représente un avantage considérable pour le développement économique et pour l’attractivité d’un territoire.

Haïfa se démarque aussi par la proportion de ses habitants capables de communiquer dans une langue étrangère. Cet indicateur témoigne d’une certaine ouverture internationale et peut favoriser les échanges universitaires, professionnels et culturels.

La ville obtient également de bons résultats concernant la prise en charge à domicile des personnes âgées et la proportion de travailleurs employés dans les secteurs créatifs. Ces deux indicateurs illustrent des dimensions différentes du bien-être : l’accompagnement social d’une part, et la vitalité de l’économie créative d’autre part.

La croissance du PIB par habitant constitue un autre signal encourageant. Elle traduit une dynamique économique qui peut contribuer à renforcer progressivement les perspectives offertes aux habitants et aux entreprises.

Le faible taux de chômage chez les jeunes figure également parmi les points positifs relevés par l’étude. Enfin, la densité de bibliothèques constitue un autre indicateur favorable, en soulignant l’accès à la connaissance et aux équipements culturels de proximité.

Des défis qui peuvent aussi devenir des opportunités

Comme toute ville, Haïfa présente toutefois des domaines dans lesquels des améliorations restent possibles. L’étude relève notamment le coût de l’enseignement supérieur rapporté aux salaires, le nombre élevé d’élèves par bâtiment scolaire et le nombre relativement limité d’établissements culturels rapporté à la population.

L’environnement constitue également un axe de progrès, avec notamment une concentration de particules fines dans l’air et un taux de recyclage des déchets jugé faible. L’étude relève par ailleurs un nombre limité d’entreprises rapporté à la population, ainsi qu’un nombre relativement faible de jours de congé accordés aux jeunes parents.

Enfin, le taux d’homicides par habitant constitue lui aussi un indicateur sur lequel Haïfa obtient un résultat moins favorable.

Ces éléments ne doivent cependant pas faire oublier la nature même du classement. Celui-ci constitue avant tout un outil d’analyse permettant d’identifier les forces et les marges de progression des différentes villes étudiées.

Une reconnaissance internationale pour Haïfa

La présence de Haïfa dans ce classement mondial offre finalement une perspective encourageante. La ville apparaît comme un territoire disposant de plusieurs caractéristiques favorables à la qualité de vie : une population instruite, une capacité d’innovation urbaine, une activité créative, une dynamique économique et un accès relativement développé à certains équipements culturels.

Le classement montre également que le bonheur urbain ne dépend pas d’un unique facteur. Il est le résultat d’un ensemble complexe de conditions économiques, sociales, environnementales et humaines.

Avec Haïfa, Israël dispose ainsi d’une représentante dans un palmarès international qui tente précisément de mesurer ces différentes dimensions. Sa présence parmi les 251 villes étudiées met en lumière des atouts qui peuvent constituer une base solide pour poursuivre son développement.

Au-delà du chiffre de son classement, l’essentiel est peut-être ailleurs : Haïfa fait partie des villes pour lesquelles les chercheurs ont trouvé suffisamment de données fiables et complètes pour mesurer, comparer et analyser la qualité de vie. Une reconnaissance qui souligne à la fois son importance urbaine et son potentiel pour l’avenir.

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