Le secteur israélien de la construction pourrait franchir une nouvelle étape dans sa modernisation. La possibilité d’ouvrir davantage le marché aux normes européennes doit permettre l’introduction de matériaux et de technologies innovants, tout en renforçant la concurrence. Fibres de verre, polymères renforcés de fibres de basalte et bétons de nouvelle génération pourraient ainsi compléter les solutions traditionnelles utilisées dans les fondations et les structures des bâtiments.
Un changement de réglementation qui pourrait transformer le secteur
La Commission nationale de planification et de construction doit examiner une proposition visant à actualiser les réglementations applicables aux fondations et aux structures des bâtiments. Portée par l’Administration de la planification, cette initiative entend faciliter l’ouverture du marché israélien aux standards européens.
L’enjeu est important pour une industrie encore largement fondée sur des méthodes et des matériaux traditionnels. Le béton et l’acier constituent depuis plusieurs décennies les principaux éléments des constructions israéliennes. La réglementation actuelle définit de manière détaillée les matériaux et les méthodes pouvant être utilisés au cours des différentes étapes de réalisation des fondations et du gros œuvre.
Le nouveau cadre envisagé devrait offrir davantage de souplesse aux professionnels. En permettant de s’appuyer sur des standards européens, il pourrait notamment faciliter l’utilisation de solutions techniques qui ne disposent pas aujourd’hui d’un accès équivalent au marché israélien.
Des matériaux plus légers et plus innovants
L’un des changements les plus visibles pourrait concerner les matériaux employés dans les structures. Les standards européens permettent en effet de recourir à une gamme plus large de solutions, dont certaines présentent des caractéristiques différentes de celles des matériaux conventionnels.
Les fibres de verre et les polymères renforcés par des fibres de basalte figurent notamment parmi les matériaux susceptibles de trouver davantage leur place dans les projets de construction. À cela pourraient s’ajouter des bétons de nouvelle génération, développés pour améliorer différents paramètres tels que le poids, la résistance ou encore l’empreinte environnementale.
L’objectif n’est pas nécessairement de remplacer systématiquement les matériaux traditionnels, mais plutôt d’élargir les possibilités offertes aux ingénieurs et aux constructeurs. Cette diversification permettrait de choisir les solutions les mieux adaptées à chaque projet en fonction de leurs performances, de leur coût et de leurs caractéristiques techniques.
Une ouverture vers l’innovation internationale
Au-delà des matériaux, la réforme pourrait faciliter l’arrivée en Israël de technologies déjà utilisées dans d’autres pays. Pour les professionnels de la construction, cette évolution représenterait un changement important dans la manière d’aborder l’innovation.
Israël dispose d’un écosystème technologique particulièrement développé, mais le secteur de la construction reste soumis à des contraintes réglementaires susceptibles de ralentir l’adoption de certaines innovations. Une plus grande convergence avec les standards internationaux pourrait contribuer à réduire cet écart.
Israël David, président de l’Association des ingénieurs en construction, estime que le secteur doit aujourd’hui pouvoir bénéficier davantage des avancées réalisées à l’étranger. Il cite notamment les initiatives prises après le 7 octobre pour accélérer la reconstruction dans les zones touchées.
Parmi les solutions envisagées figurait l’utilisation de bâtiments en béton produits dans une usine située à Austin, aux États-Unis, spécialisée dans l’impression rapide de logements. Selon Israël David, l’absence de réglementation permettant d’autoriser ce type de construction en Israël a constitué l’un des principaux obstacles au projet.
Cet exemple illustre un enjeu essentiel pour l’industrie : une technologie peut être disponible et opérationnelle à l’étranger, mais rester difficile à déployer localement si le cadre réglementaire ne permet pas son utilisation.
Vers une construction plus industrialisée
L’ouverture aux standards européens pourrait également accélérer l’industrialisation du secteur. La construction traditionnelle repose sur de nombreuses opérations effectuées directement sur les chantiers. Le développement de solutions préfabriquées ou produites dans des environnements industriels permettrait de transférer une partie de ces opérations vers des sites spécialisés.
Cette évolution pourrait améliorer l’organisation des projets, réduire certaines interventions sur les chantiers et contribuer à raccourcir les délais de réalisation. Elle pourrait également limiter le nombre de travailleurs nécessaires sur certains sites.
Rafi Elmaleh, directeur général de l’Administration de la planification, considère que la suppression de certains obstacles réglementaires doit permettre au secteur d’adopter des solutions plus efficaces et davantage industrialisées. L’objectif affiché est notamment de construire plus rapidement tout en maîtrisant les coûts.
Cette transformation pourrait prendre une importance particulière dans un secteur confronté à la nécessité de produire davantage de logements et d’infrastructures tout en améliorant sa productivité.
Une concurrence accrue pour maîtriser les coûts
L’ouverture du marché à un plus grand nombre de matériaux et de technologies pourrait aussi renforcer la concurrence entre les fournisseurs. Les entreprises de construction disposeraient alors d’un choix plus large et pourraient comparer différentes solutions selon leur prix, leurs performances et leur disponibilité.
Cette diversification pourrait réduire la dépendance à l’égard d’un nombre limité de fabricants locaux et favoriser l’émergence de nouvelles offres. Pour les promoteurs et les constructeurs, l’enjeu serait de pouvoir sélectionner les matériaux les plus pertinents pour chaque projet plutôt que de travailler dans un cadre réglementaire limitant fortement les possibilités.
Selon Israël David, l’adoption de standards européens pourrait ainsi contribuer à améliorer à la fois la qualité et la sécurité des constructions, tout en créant les conditions nécessaires à une baisse des coûts.
La sécurité reste au cœur de la réforme
L’ouverture à de nouvelles technologies ne signifie toutefois pas l’abandon des exigences de sécurité. Au contraire, les promoteurs de la réforme insistent sur le maintien de standards élevés concernant la stabilité et la résistance des bâtiments.
Rafi Elmaleh souligne que la sécurité des constructions demeure la priorité. L’objectif consiste à permettre au secteur israélien d’accéder aux standards et aux technologies utilisés dans les principaux marchés internationaux, tout en conservant des exigences strictes en matière de stabilité des structures.
La réforme cherche donc davantage à moderniser les moyens de construire qu’à réduire les exigences imposées aux constructeurs.
Israël veut rapprocher son industrie des standards mondiaux
L’évolution envisagée pourrait finalement marquer une nouvelle étape dans la transformation du secteur israélien de la construction. En élargissant l’accès aux standards européens, Israël pourrait favoriser l’arrivée de nouveaux matériaux, accélérer l’industrialisation des chantiers et stimuler la concurrence.
Les bénéfices potentiels sont multiples : davantage de choix pour les professionnels, accès facilité aux innovations internationales, méthodes de construction potentiellement plus rapides et possibilité de mieux maîtriser certains coûts.
La réussite de cette évolution dépendra toutefois de sa mise en œuvre et de la capacité du secteur à intégrer progressivement ces nouvelles solutions. Si le projet réglementaire aboutit, il pourrait néanmoins contribuer à rapprocher la construction israélienne des pratiques internationales et à créer un environnement davantage propice à l’innovation.
Pour une industrie appelée à répondre à d’importants besoins en logements et en infrastructures, cette ouverture pourrait constituer un levier supplémentaire pour construire de manière plus efficace, plus moderne et plus compétitive, sans renoncer aux exigences essentielles de sécurité.

